Anna héritière de lumière – tome 2 (Extrait)

(En cours de corrections)

Chapitre3
Anna

 

Julie était rentrée directement chez elle pour récupérer quelques affaires en vue de passer le week-end au manoir. J’attrapais mon téléphone dans la poche de mon blouson et envoyais un texto à David.

 

Moi : Toujours OK pour ce soir ?

 

David : yep ! le temps de prendre une douche et je suis chez toi

 

Moi : OK

 

Moi : prévois de prendre de quoi dormir

           

David : soirée pyj’ ?

 

Moi : En plein dans le mille ☺ à toute

 

David : à toute !

 

Je décidai d’en faire de même. Une bonne douche pour laver cette mauvaise journée. Je préparai quelques affaires propres que je déposai sur mon lit. Mon tee-shirt préféré et un jogging bien confortable. La soirée s’annonçait tranquille, et autant me mettre à l’aise tout de suite.

 

J’avais besoin de penser à autre chose, et surtout de me convaincre que ça n’allait pas recommencer. Ce Andrew ne devrait pas m’inquiéter plus que ça. Abban m’avait habitué à des coups plus tordus et j’étais certaine que ma rencontre avec lui aujourd’hui était juste due à de la malchance. Toulouse n’était pas vraiment un lieu pour les sorciers noirs, même si William m’avait dit que certains avaient établi domicile dans la ville rose, ils n’étaient là que pour se tenir tranquille et se fondre dans la masse. Peut-être qu’Andrew faisait partie de ceux-là. De ceux qui se fichent de la guerre entre nos deux clans et qu’il était juste stupide ?

Je posais mon téléphone sur le support d’enceinte et lançais ma playlist du moment.

Les premières notes de help me close my eyes des those dancing days chatouillaient les haut-parleurs et je filais sous la douche.

Je ressortais, quelques minutes plus tard, tout apaisée et fraîche. J’enfilai mon tee-shirt et mon jogging et pris une grosse paire de chaussettes dans la commode.

Je me penchais en avant pour retirer la serviette que j’avais enroulée autour de ma tête. Technique inutile, je ne sais pas pourquoi je m’acharnai puisque mes cheveux étaient quand même aussi désordonnés qu’un nid d’oiseau.

Quand je relevai la tête en vue de dompter ma chevelure, mon cœur fit une embardée spectaculaire.

— Tu es magnifique.

— William ! pépiais-je en me précipitant dans les bras qu’il m’offrait.

Il me souleva le menton et posa ses lèvres sur les miennes, douces et chaudes, il murmura en même temps un « tu m’as manqué » qui se perdis sur ma langue.

Il m’attira sur le lit et s’allongea contre moi. Je me serrai un peu plus, profitant de chaque instant passé avec lui. Je glissai mes mains sous son pull il ne portait rien en dessous. À leur contact sur sa peau, il frissonna. Puis à son tour, il faufila sa main sous mon tee-shirt, le long de ma taille, pour s’arrêter au creux de mon ventre avant de remonter avec lenteur jusqu’à ma poitrine qu’il caressa avec douceur. Je frémis.

Enflammée par ses gestes et ses baisers, je le fis rouler sur le dos et grimpa à califourchon sur lui pour l’embrasser passionnément. Il en profita pour me redresser en empoignant mes hanches avec force et m’admirer de ses yeux gourmands.

— Anna… tu m’as tellement manqué…

Je ne le lâchais pas du regard, je n’avais qu’une envie, reposer ma bouche sur ses lèvres.

Il émit un grondement et me fit basculer pour couvrir mon corps du sien. Sa respiration était haletante, il se contrôlait un peu trop à mon goût. Je tentais de l’embrasser, il m’accorda un tout petit baiser et roula sur le côté.

— Je ne peux pas rester, grommela-t-il. C’est de plus en plus difficile de venir te voir sans éveiller les soupçons.

Je me mis sur le côté pour lui faire face.

— Tu as raison, c’est fatigant cette situation, quand est-ce que tout cela sera fini ? lui demandais-je tout en lui caressant le bras au niveau de son biceps.

— Quand j’aurai retrouvé mon père, je te promets que tout ça sera terminé. Pour le moment, je préfère ne prendre aucun risque. Et visiblement lui non plus n’en prend pas, il a disparu dans la nature. Par contre, ses sbires continuent de vous surveiller et ça, je ne sais pas pourquoi, enfin… pour le moment. Mais… tu trembles ?

— Non non… c’est juste que…

Il mit son index sur ma bouche pour me faire taire. Ma salive resta coincée au fond de ma gorge.

— Je peux t’assurer que je m’en occupe. Il ne faut pas que tu t’inquiètes. D’accord ?

— À la fac, il y a un sorcier, un de ton clan, un certain Andrew, et il a dit des choses aujourd’hui, assez pour m’alarmer.

— Andrew, tu dis ? Connais pas, mais j’en fais mon affaire, tu peux être tranquille, me dit-il en posant un baiser sur mon front.

Puis il me ramena un peu plus contre son torse et me garda dans ses bras réconfortants un petit instant. Je respirai son odeur, enlacer tout contre lui, et me laissai aller à ne penser à rien d’autre qu’à nous.

— Il est temps que je parte, me dit-il en me délivrant de son étreinte. Subitement j’avais froid, des frissons me picotaient tout le long du corps.

— S’il te plaît, reste encore un peu.

Il m’attrapa par le poignet pour me blottir tout contre lui. Il posa sa tête sur mes cheveux tout en humant mon parfum. Je faisais de même. Je voulais m’imprégner de lui avant qu’il ne parte encore pour une durée indéterminée.

— Je reviens dès que je peux, promis.

Mes mains sur les siennes, je caressais sa peau soyeuse du bout des pouces.

Il m’embrassa une dernière fois et s’éclipsa avant de changer d’avis. Je crois bien que mon cœur s’est arrêté de battre.

Il nous était de plus en plus difficile de nous quitter surtout que cette fois je ne savais pas quand je pourrai enfin le revoir.

J’essayais tant bien que mal de ne pas laisser la déception m’envahir. Je descendais à la cuisine pour préparer la soirée. Je récupérai dans le réfrigérateur la boîte que grand-mère m’avait fait porter. Je sortais également quelques tomates cerises, du fromage de chèvre, le bocal à cornichons et déposai le tout sur la table. Je n’avais pas le cœur à cuisiner, aussi j’optais pour une collation copieuse. Je récupérai du soda dans le cagibi et mettais deux bouteilles au frais.

Je souriais en ouvrant le couvercle de la grande boîte plastique. Grand-mère m’avait préparé de succulents Rissois. Finalement ce serait une collation ultra copieuse.

Je bataillai pour enfiler une tomate de plus sur la dernière brochette lorsque Julie déboula dans la cuisine en brandissant un pack de bière à bout de bras.

— Oh ça va ! Il faut bien rigoler un peu, ne fais pas cette tête ! me dit-elle en remarquant mes yeux écarquillés.

— Et je peux savoir comment tu t’es procuré tout cet alcool ?

— Au supermarché bien sûr ! Tu me prends pour qui ? Je ne suis pas allée voir le dealer du coin, riait-elle tout en mettant son butin au frais.

— Tu es allée au supermarché en pyjama ?

J’étais éberluée. Elle portait un simple tee-shirt à manches longues et un pantalon ultra moulant. Un collant pour le désigner était plus juste.

— Mais… je ne suis… c’est un treggins ! Anna… non laisse tomber, parler fringues avec toi c’est peine perdue.

— Tu me charries ?

— Mmm… si peu !

La sonnette retentit signalant l’arrivée de David. La minute suivante il nous rejoignit avec un sac de courses plein à craquer.

— Tu n’avais pas besoin de ramener quoi que ce soit David !

Il considéra ma table de cuisine.

— Tu plaisantes ? C’est un repas dînatoire de nanas que tu as préparé ! Dois-je te rappeler que j’aime manger moi et que mon estomac est deux fois plus gros que les vôtres réunis ?

Julie émit un rire étouffé. Elle leva exagérément les sourcils pour me faire comprendre qu’il avait absolument raison.

 

Je tenais fermement le plateau plein à craquer et me dirigeais vers le salon prudemment pour ne pas renverser nos victuailles.

David avait étalé des couvertures et des oreillers au sol tandis que Julie se battait avec le jeu de télécommande pour allumer la télévision.

— Laisse tomber ! Et si l’on mettait un peu de musique plutôt, on va écouter la radio, se moqua David.

— Tu as raison, l’heure est à la papote et toi te défile pas t’as un truc à nous dire ! Julie le fusillait gentiment du regard.

Je n’ai lu aucune pitié dans ses yeux, David allait devoir se mettre à table et tout de suite.

Il plissa les yeux, sembla réfléchir un instant puis s’affala sur un tas d’oreillers. Nous fîmes de même.

Il attrapa une brochette, goba une tomate, mastiquait lentement sous le regard impatient de Julie.

— Mais c’est si pénible que ça ce que tu as à nous dire ? le taquinais-je.

— Hummm non je ne dirai pas pénible. J’aime juste… humm… vous faire mariner… dit-il en croquant une chips.

Julie lui lança un oreiller à la figure, il éclatait de rire.

— OK, OK pardon… je vais tout vous raconter. Voilà je… je crois bien que je suis amoureux !

Les yeux de Julie s’envahirent d’un éclat de joie face à cette délicieuse nouvelle. Quant à moi, j’étais heureuse qu’il puisse enfin passer à autre chose.

— C’est Lise, lança-t-il subitement comme pour se décharger d’un poids.

Nous le regardâmes toutes les deux, les yeux grands ouverts.

— Lise… Lise ?

— Elle est superbe, adorable, et me fait vivre des moments incroyables, j’ai toujours envie d’être près d’elle.

— Depuis quand ?

— Depuis que Paul l’a emmenée chez moi parce qu’elle voulait me parler. Juste après le couronnement de ta mère.

— Mais elle ne parle pas ! se moqua Julie.

— Pas besoin de parler, tu sais.

Il hocha la tête avec un sourire sexy au bout des lèvres.

— Non, mais en fait c’est bon je ne veux pas savoir. Répondit Julie en attrapant un beignet qu’elle fourra dans sa bouche. Putain que c’est bon ! Suzana devrait plus souvent te porter des repas de Lucinda, dit-elle la bouche pleine.

— Elle parle dans ma tête. C’est son truc. Quand elle a envie me dire quelque chose, elle me le montre.

— Mmm, je sais… je peux te poser une question David ? demandais-je.

— Vas-y, dit-il sûr de lui.

— Le… conseil ? Ils sont informés de votre relation ?

— Tout à fait, et ils n’ont rien eu à dire. De toute façon, je connaissais déjà votre existence bien avant de la rencontrer. Et puis ils ont dit que Lise, enfin… tu sais… que c’était bien pour elle de sortir un peu du château.

— Et donc Paul joue les taxis ?

— Paul adore Lise et il ne peut rien lui refuser.

Il nous offrait un sourire éclatant. Je ressentis une bouffée d’émotion incomparable. J’étais heureuse pour lui.

— Tu as encore ce vieil album ? demanda-t-il surpris en désignant mes précieux souvenirs posés à l’intérieur de la table basse.

— Houla ! m’écriais-je en laissant échapper un rire de ma gorge. Je l’ai retrouvé en faisant un peu de rangement dans ma chambre.

— Tu n’as pas gardé ça Anna ? Tu n’es pas sérieuse ?

David étouffa un rire qui menaçait d’exploser.

— Si ! Et c’est un sacré dossier ! Mais je te rassure, on est tous les deux dans le même camp, il faut que je détruise ses photos d’enfance avant que quelqu’un ne nous fasse chanter.

Julie se précipita pour l’attraper et le feuilleter. Nous avions allumé la mèche et elle n’était pas celle qui allait l’éteindre.

Et la soirée se termina en overdose totale. Overdose de souvenirs, overdose de fous rires, overdose d’alcool.

Julie n’avait pas arrêté de s’esclaffer en admirant nos têtes blondes. Elle avait failli s’étouffer en voyant une photo de David où il souriait sans ses dents de devant et presque faillit s’étrangler en s’esclaffant sur une de mes photos où je portais très haut la queue-de-cheval. David et moi nous connaissions depuis la tendre enfance, et il a toujours fait partie de ma vie. Ma vie avec mon ami, nos souvenirs, nos joies, nos peines tenaient dans ce vieil album. 

J’attrapais mon téléphone et m’allongeais contre mes amis qui n’avaient pas encore réussi à calmer leur hilarité. J’enclenchais la fonction photo et nous avons fait un selfie, toutes les dents dehors.

J’ai monté quatre à quatre les marches pour aller imprimer ce précieux souvenir dans le bureau de mon père, son imprimante disposait de la fonction wifi. Je mis une feuille de papier photo et je lançai l’impression. Une fois imprimée je redescendais en courant pour les rejoindre.

Nous l’avons rajoutée à la suite des autres photos.

— Il ne manquait plus que toi ma Julie pour que l’album soit complet.

Elle me sautait au cou et nous finîmes renversés par terre en riant.

Cette nuit-là, pour la première fois depuis des semaines, je dormais enfin sans aucun cauchemar à l’horizon.

Le réveil s’annoncerait difficile nous avions vidé toutes les bouteilles de bière. Peu importe, j’avais oublié combien nous aimions nos soirées pyjama, et je ne m’étais pas rendu compte à quel point cela m’avait manqué. Nous retrouver tous les trois comme au bon vieux temps, et sans chaperon derrière nous pour nous sermonner, oui, ce fut une de ses soirées qui resteraient mémorables à mes yeux.

2 Comments

  • Audrey Hara Posted 22 septembre 2017 12 h 47 min

    Ahhhhhh, j’ai trop hâte de retrouver cet univers !!!

  • Hane Posted 17 octobre 2017 22 h 44 min

    J’adore vraiment le texte!

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